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Le filet du cheval : faire le bon choix et bien le régler

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Le choix d’un filet (aussi appelé « bridon ») doit reposer avant tout sur des critères de confort pour le cheval et d’efficacité au regard de l’activité équestre pratiquée. Pour cela, il convient que le filet s’adapte le mieux possible à l’anatomie de la tête du cheval et qu’il soit, bien entendu, compatible avec l’embouchure utilisée et l’effet recherché.


I. Bien choisir le filet pour votre cheval 

les zones sensibles de la tête du cheval


Pour faire le bon choix, intéressons-nous à chacun des éléments qui composent un filet et dont la conception est susceptible d’impacter le confort du cheval et l’action de l’embouchure.

 


A. La têtière


Cet élément du filet doit être le plus confortable possible, car il exerce une pression importante sur la zone sensible des cervicales et du cartilage de l’arrière des oreilles du cheval.
La découpe de la têtière doit donc être bien adaptée à la tête du cheval.
Il est important d’éviter les têtières trop fines et d’orienter son choix plutôt sur des modèles permettant de répartir la pression sur une surface élargie. Les matelassures participent également au confort du filet, notamment en bordure du cuir pour éviter les frottements sur la base des oreilles.
Les têtières dites anatomiques répondent généralement à ces critères de confort.


B. La muserolle

Elle est surtout utile pour limiter l’ouverture de la bouche, tout en permettant au cheval de pouvoir bouger sa langue et ses mâchoires. La muserolle est constituée d’une bande de cuir plus ou moins large, placée sur le chanfrein et maintenue sur le filet par un deuxième jeu de montants passant au-dessus ou au-dessous de la têtière. Dans cette configuration, on préférera les modèles dont les montants passent au-dessus de la têtière pour éviter de comprimer les cervicales avec les bandes de cuir étroites de la muserolle.
La muserolle peut aussi être solidaire de la têtière. Cette solution, choisie par Michel Robert pour ses filets, permet de mieux répartir la pression sur toute la zone située à l’arrière des oreilles.

Les différents types de muserolle


 

1. La muserolle française

C’est la plus courante et la moins contraignante pour le cheval. Elle doit cependant être correctement ajustée afin de ne pas créer de frottements sur les parties osseuses de la tête et de ne pas gêner les mouvements respiratoires en comprimant les naseaux. Il est donc conseillé de ne pas serrer la muserolle et de la régler de manière à ce qu’elle soit positionnée à une distance d’environ deux doigts des apophyses zygomatiques (voir image ci-dessous). Si la muserolle est réglée trop haute l’intérieur de la joue viennent en appui sur les dents, ce qui peut créer des blessures dans la bouche, surtout si les dents présentent des parties tranchantes ou pointues. Si la muserolle est trop basse, elle peut aussi venir pincer la commissure des lèvres entre le cuir et le mors.

 
Il est aussi préférable de choisir une muserolle dont la boucle de fermeture est équipée d’une petite bavette en cuir qui évite les frottements du métal sur la peau du cheval (voir photo ci-dessous). Certains chevaux se mettent en défense contre ce contact qui peut être très désagréable pour eux, voire même causer des blessures.


La muserolle française est généralement équipée d’un noseband amovible. Dans ce cas, on parle de muserolle combinée. Le noseband est constitué d’une fine bande de cuir fixé sur la muserolle par un passant.
Pour le confort du cheval, la boucle de fermeture du noseband doit être positionnée du côté gauche et plutôt  entre la bouche et le chanfrein (voir photo ci-dessous).
Le rôle du noseband est de maintenir la bouche du cheval fermée au moment où le cavalier agit sur le mors. Comme l’explique Michel Robert : « Ce dispositif ne doit être utilisé que temporairement. Il est inconfortable et va l’encontre de la compréhension du cheval et de son envie de participer au travail. Lorsqu‘un élève se présente avec un cheval la bouche complètement fermée, la première chose que je fais, c’est d’ouvrir le plus possible la muserolle et enlever le noseband. D’ailleurs aussitôt après, le cheval se met à expirer fortement en signe de soulagement ».


2. La muserolle allemande

Cette muserolle se positionne très bas sur le chanfrein, juste au-dessus des naseaux. Les bandes de cuir qui serve à l’attacher sous le mors sont fixées sur les petits anneaux de chaque côté de la tête du cheval.
L’avis de Michel Robert sur les muserolles allemandes : « C’est vrai que la muserolle allemande est assez efficace, car elle agit presque à l’emplacement de la gourmette. Le gros inconvénient est qu’elle gêne la respiration du cheval, surtout si elle est mal réglée comme c’est souvent le cas.
Cette muserolle était très utilisée dans les années 70 et avant. Elle revient un peu à la mode aujourd’hui, mais personnellement, je ne l’utilise plus du tout. Elle est trop contraignante et ne va pas trop dans le sens de l’équitation que je préconise ».


3. La muserolle croisée


Elle est constituée de deux bandes de cuir qui se croisent et coulissent dans un passant central placé sur le chanfrein. Ce dernier est souvent équipé d’une protection en mouton pour éviter de blesser le chanfrein.
Cette muserolle est assez difficile à régler sur la tête du cheval. Elle est très appréciée pour son aspect esthétique, mais il faut avoir conscience que c’est aussi la muserolle la plus sévère. Elle crée une pression importante sur le chanfrein et bloque les mouvements de la mâchoire du cheval. À ces désagréments, peuvent s’ajouter les frottements des anneaux latéraux sur les parties osseuses de la tête et notamment des apophyses zygomatiques.

c. Le frontal

C’est la pièce de cuir qui, comme son nom l’indique, se place sur le front du cheval.
Il sert surtout à maintenir le filet en place et à éviter qu’il ne recule. Il ne doit en aucun cas compresser la tête ou créer de zones de frottement sur le front ou la base des oreilles du cheval.

D. Les montants du filet

Ce sont les pièces de cuir sur lesquelles on vient attacher le mors. La bouclerie des montants du filet ne doit pas venir au contact de la peau du cheval ou créer de frottements inconfortables sur les parties osseuses de la tête et la zone autour de la bouche.
Le réglage des montants est important car il va déterminer la hauteur du mors dans la bouche du cheval.
A propos du réglage du filet, nous vous invitons à profiter des conseils de Michel Robert en visionnant la vidéo ci-dessous.

E. La sous-gorge

C’est une bande cuir assez fine intégrée à la têtière qui évite au filet de passer par-dessus les oreilles. Elle ne doit en aucun cas être serrée. On doit pouvoir passer l’équivalent d’un poing entre la gorge du cheval et la sous-gorge.

    
II. Bien régler le filet et le mors :  les conseils de Michel Robert

"Lorsqu’on est cavalier, il est très important de s’imaginer à la place du cheval. Si j’étais obligé d’accepter un morceau de métal, de cuir ou de caoutchouc dans la bouche, que faudrait-il faire pour se soit confortable pour moi.
À propos du réglage du mors dans la bouche du cheval, on entend beaucoup de choses contradictoires. Certains mettent le filet très haut pour éviter que le cheval ne passe la langue au-dessus du mors. Personnellement, je n’y crois pas trop. D’autres vont, au contraire, le régler très bas pour inciter le cheval à jouer avec son mors et décontracter sa mâchoire. Pour ma part, je pense que le bon réglage est entre les deux. Comme très souvent, il faut trouver le juste équilibre. C’est-à-dire trouver le positionnement qui sera le plus confortable possible pour le cheval. Je pense qu’un seul pli à la commissure des lèvres est suffisant pour repérer la bonne hauteur du mors. On veille bien sûr à bien vérifier que la hauteur du mors soit bien la même de chaque côté.
Bien régler le filet pour avoir un mors ni trop haut, ni trop bas, une muserolle pas trop serrée… est très important. Les chevaux doivent pouvoir bouger leur langue et leur mâchoire. La réaction d’un cheval qui se sent coincé est de vouloir s’échapper, c’est le réflexe d’opposition. Tout le travail de préparation du cheval doit donc commencer avec une muserolle très lâche et très ouverte pour que le cheval puisse mastiquer. Il faut être conscient que la tension permanente sur la bouche avec un mors trop haut ou une muserolle trop serrée est une contrainte très importante pour le cheval. Beaucoup de chevaux manquent de décontraction à cause de cela. Ils doivent avoir cette liberté d’ouvrir les articulations des maxillaires et bouger la langue. C’est ce qui va permettre de faire travailler tout le reste de leur corps : les cervicales, le dos, les postérieurs… Donc, pour toutes ces raisons, prenez le temps de bien régler votre filet avant vos séances. Vous verrez que votre cheval va gagner en décontraction et sera beaucoup plus attentif et coopératif dans son travail."

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