Les beaux jours reviennent, le soleil pointe le bout de son nez, l’herbe repousse, les jours rallongent et les températures remontent… et là catastrophe ! Vous retrouvez votre cheval scalpé, il s’est gratté jusqu’au sang au niveau de la queue, et n’a plus de crinière… ça le démange, vous le voyez bien, et il ne peut s’en empêcher. Ça ressemble fortement à une dermite estivale !
La dermite est une réaction allergique à des tout petits insectes, à peine visible à l’œil nu. Ils apparaissent avec le printemps, en fonction de la météo et disparaissent à l’automne voir au début de l’hiver.
Alors comment la reconnaître, comment la traiter et surtout comment soulager votre cheval ?
Qu’est-ce que la dermite chez le cheval ?
Contrairement à une piqûre de moustique classique qui gratte quelques minutes, la dermite est une hypersensibilité. Le système immunitaire du cheval surréagit à la salive de petits moucherons appelés Culicoïdes. Une seule piqûre peut déclencher une cascade de démangeaisons (prurit) violentes.
Les Culicoïdes attaquent généralement là où les poils sont plus fins ou là où ils peuvent se poser facilement. On observe des lésions principalement sur l’encolure et la crinière : les crins s'ébouriffent, se cassent (aspect "raton laveur »). Mais aussi la base de la queue : le cheval se frotte contre les murs ou les arbres, créant des zones sans poils, une queue « nue ». C'est la célèbre "queue en chou-fleur". Enfin, parfois la ligne ventrale est aussi touchée : c’est une zone souvent oubliée, mais très exposée.
Malheureusement, la dermite estivale est récidivante. Le mot "Récidivante" est crucial. C'est une maladie chronique : elle apparaît au printemps (arrivée des insectes) et s'apaise en hiver. Une fois qu'un cheval est "dermiteux", il le reste toute sa vie. Les symptômes ont même tendance à s'aggraver avec l'âge si rien n'est mis en place. Cela est dû à la mémoire immunitaire. On l'appelle souvent "Dermite Estivale", mais avec le réchauffement climatique, les périodes d'activité des insectes s'allongent, couvrant parfois de mars à novembre.
Quels sont les symptômes de la dermite ?
Le principal symptôme est la démangeaison. On voit le cheval se gratter jusqu’au sang. Ça le rend parfois incontrôlable. Il n’a plus de crinière, plus de queue, et des zones avec la peau nue. Diagnostiquer la dermite avant cette étape ultime est parfois plus compliquée. Un « simple » grattage peut être lié à une piqûre, pas forcément une allergie. Et sur les chevaux à la peau claire, les plaies peuvent aussi être une photosensibilisation, autrement dit une réaction au soleil.
Dès qu’il y a grattage, il faut surveiller le cheval et tester différentes solutions pour le soulager. Bien sûr, contacter votre vétérinaire au plus vite pour poser un diagnostic médical.
La couverture anti-insectes intégrales restent la meilleure protection contre les culicoïdes.
Quelles sont les causes de la dermite ?
Comprendre l'origine du problème est la première étape pour mieux protéger son cheval. La dermite est le résultat un concours de circonstances entre un terrain biologique sensible et un environnement favorable aux insectes.
Le principal responsable est un minuscule moucheron du genre Culicoïdes. Ce n'est pas la piqûre en elle-même qui pose un problème, mais les protéines contenues dans la salive de la femelle moucheron.
Chez un cheval sain, la piqûre provoque une petite lésion qui disparaît vite. Chez le cheval allergique, le système immunitaire identifie ces protéines comme une menace majeure, déclenchant une libération massive d'histamine et une inflammation cutanée sévère.
Les insectes ne sont pas présents partout de la même façon. Certains facteurs favorisent leur prolifération et augmentent donc la pression parasitaire : l’humidité, la chaleur, les zones marécageuses et les heures de sorties.
Pour vous aider à comprendre, vous pouvez les comparer à des moustiques. Ce sont également les moments où les éléments, où il y a le plus de moustiques : eaux stagnantes, zones humides, et coucher du soleil.
Pourquoi certains chevaux sont plus touchés ?
Tous les chevaux ne sont pas égaux face à la dermite. On note plusieurs types de sensibilités : la génétique, le système immunitaire et le passif du cheval.
Certaines lignées ou races (Islandais, traits bretons, Frisons, Pur-sang Arabes) semblent plus prédisposées, même si tous les types de chevaux peuvent être touchés.Concernant le système immunitaire, un cheval stressé, carencé ou ayant un foie engorgé peut présenter une réponse allergique plus violente. Enfin, un cheval importé (comme certains Islandais nés sans Culicoïdes) peut développer une réaction massive lors de son arrivée dans une zone infesté, car son système immunitaire n'a jamais appris à gérer cet allergène.
Comment prévenir la dermite chez le cheval ?
Si votre cheval n’a jamais fait de réaction de typer dermite, continuer de vous en occupez comme habituellement, avec une surveillance accrue sur ce sujet au début du printemps. Cela vous permet de vous assurer que vous ne passez pas à côté d’un début de dermite.
Si votre cheval a déjà eu des antécédents de démangeaisons ou de dermites, il faut prendre le problème au plus tôt pour éviter qu’elle ne s’installe et n’empire.
Le plus efficace reste la couverture anti-insecte, couvrant l’encolure, le ventre est souvent associé à un masque à mouche.
Ensuite, il faut tester quels produits de soin correspondent le mieux à votre cheval. Tous les produits sont bons, mais tous ne conviennent pas à votre cheval. Chacun a une sensibilité différente et une réaction différente. De la même façon qu’il faut trouver le bon drainant ou bien les bons probiotiques en fonction de son métabolisme, il faut trouver le bon produit de soin anti dermite. Il existe les produits répulsifs anti-insect, mais surtout les produits calmants et anti-démangeaisons.

Enfin, dans l’idéal, il faut également pouvoir adapter son environnement : est-il possible de le mettre en box en journée, ou bien à minima dans un endroit à l’ombre, loin des zones humides, infestées d’insectes ? Les moments pour sortir les plus adaptés restent la nuit et le matin tôt : cela correspond également au période où les températures sont les plus basses. De manière encore plus radicale, les chevaux en bord de mer, ou bien en montagne, ne sont pratiquement pas touchés par la dermite… Êtes-vous même prêt à le déménager ?
Comment traiter la dermite efficacement ?
L’objectif principal des traitements contre la dermite sont ceux qui limitent voir stoppent les démangeaisons. Plus un cheval se gratte, plus ça va lui faire mal et enflammer la zone, et le gratter encore plus… C’est un cercle vicieux, qu’il faut absolument chercher à réduire, voire dans le meilleur des cas à inverser.
Bien sûr, les traitements dépendent de l’état de gravité de la dermite. Est-ce qu’elle est naissante et donc peut développer ? Ou bien au contraire, c’est une réaction violente et il faut la gérer au plus vite ?
En fonction de ce que vous dit le vétérinaire, vous pouvez essayer plusieurs crèmes et lotion anti-démangeaisons. La plus connue est souvent la gamme Derfen de chez Animaderm. Elle est réputée pour son efficace et fonctionne sur la plupart des chevaux. Leovet propose également beaucoup de produits de soins efficaces contre les démangeaisons. Cela peut être également bénéfique de doucher le cheval avec des shampoings traitants, pour éliminer toutes traces des anciens produits posés, et évacuer tous les insectes encore présents.
Continuer aussi d’utiliser les répulsifs anti-insectes en spray ou en gel, en alternant souvent les formules pour éviter que les insectes ne s’y habitue.
Etant donné que c’est une réaction allergique liée à l’immunité du cheval, vous pouvez également tester des cures de compléments alimentaires Dermite soit pour diminuer les réactions allergiques, soit pour améliorer les défenses immunitaires.
Exemple d'une application de lotion Derfen Animaderm sur la queue d'un cheval dermiteux.
Nous vous recommandons de ne pas tout tester en même temps, surtout au début, sinon vous ne pourrez pas identifier les produits qui fonctionnent. Le plus important reste la régularité. Ce sont des soins quotidiens, parfois même plusieurs fois par jour.
Les erreurs à éviter absolument
La pire erreur dans le cadre d’une dermite est d’attendre « pour voir ». Plus la dermite empire, plus elle s’installe, plus elle sera difficile à traiter. Et surtout, plus elle reviendra forte l’année d’après !
Une autre erreur est de ne pas remettre en questions les produits choisis. Trouver l’équilibre entre conserver l’état actuel, et tester de nouveaux produits n’est pas toujours évident. Pour un même individu, les allergies fluctuent d’une année à l’autre et même d’un jour à l’autre. Tester des nouveaux produits, ou des nouveaux traitements peut vous permettre d’améliorer le confort de votre cheval dermiteux.
Peut-on guérir définitivement la dermite ?
La réponse est non, la plupart du temps. C’est à confirmer avec votre vétérinaire. Mais une dermite installée reviendra l’année suivante. Par contre, avec l’anticipation, l’association des protections physiques, des produits de soins cutanées, et des compléments alimentaires, vous pouvez la gérer tellement bien qu’elle soit à peine visible ! D’où l’importance d’une routine adaptée pour le bien-être et le confort de votre cheval.
En conclusion, la dermite est une réaction allergique parfois violente, aux piqûres de minuscules insectes. Elle apparaît en fonction des zones géographiques et de la météo pendant le printemps, l’été et parfois l’automne. Les soins sont quotidiens et multiples : protection avec des couvertures et masques, crèmes et lotions anti-démangeaisons, répulsifs anti-insectes, compléments alimentaires et adaptation du mode de vie.
La dermite ne disparaît pas, mais elle peut être gérée et fortement diminuer grâce à vos actions.
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