Les chevaux et les tiques
I. Qu'est-ce qu'une tique ?
Les tiques font partie de la famille des acariens. Elles ont l’apparence d’une très petite araignée de 3 à 5 mm à 8 pattes au stade adulte. Les tiques sont hématophages, c’est-à-dire qu’elles se nourrissent de sang. Pour cela, elles doivent trouver un hôte, animal ou humain, sur lequel elles vont venir se fixer et s’alimenter pendant 5 à 10 jours. Au départ, la tique est minuscule et difficilement visible à l’œil nu, mais lorsqu’elle est gorgée de sang, elle peut atteindre 2 cm. Son abdomen, gorgé de sang, prend l’aspect d’une boule grisâtre, peu ragoûtante qu’il devient alors facile de repérer.

II. Lieu et mode de vie des tiques
Les tiques sont des parasites externes qui sévissent surtout au printemps et à l’automne lorsque les températures sont plutôt tempérées, de l’ordre de 5 à 25°. Elles affectionnent surtout les zones humides, les bordures de chemins, les sous-bois et les prés.
Les tiques ne volent pas, mais se déplacent en marchant. Leur technique d’approche consiste à grimper sur un promontoire, une branche ou une herbe haute, et à se laisser tomber sur le corps des hôtes potentiels qui passent à leur portée. Les chevaux en pâture sont particulièrement exposés. Lorsqu’ils broutent, les tiques en profitent pour grimper sur leur tête et se déplacer sur les zones qui les intéressent. Généralement, la tique va choisir une partie du corps où la peau est fine et bien vascularisée. Chez les chevaux, le nez, la crinière, le toupet, l’auge, l’intérieur des cuisses … Chez les humains, les tiques affectionnent tout particulièrement le pli du genoux, l’aine... D’ailleurs évitez de vous déplacer les jambes nues lorsque vous entrez dans les prés ou les paddocks de vos chevaux.
III. Comment la tique se fixe-t-elle sur le cheval ?
Pour s’arrimer à sa victime, la tique plante ses appendices buccaux coupants dans la peau. Il s’agit plus d’une morsure que d’une piqûre. La tique enfonce son rostre dans la peau et aspire le sang des vaisseaux. Le rostre est une sorte d’appendice buccale recouvert de petites pointes qui font office de harpon pour bien ancrer la tête de la tique dans la peau.
La morsure est indolore, car la tique injecte des substances analgésiques dans la plaie afin d’éviter de se faire repérer par son hôte. Ce dernier n’a ainsi pas le réflexe de se gratter pour éliminer l’intrus.

IV. Les maladies transmises par les tiques
Les tiques représentent un danger en raison des maladies qu’elles peuvent transmettent à leurs hôtes. Elles sont en effet le vecteur de nombreuses substances pathogènes, telles que des virus et bactéries qu’elles vont transmettre d’un animal à un autre lorsqu’elles se nourrissent de leur sang. Chez les chevaux, les maladies transmises par les tiques sont surtout la piroplasmose et la maladie de Lyme.

A. La piroplasmose
La piroplasmose est déclenchée par la présence du babésia, un microbe qui s’attaque aux globules rouges de l’animal : cheval, chien et bien d’autres espèces peuvent en être atteints.
1. Les symptômes de la piroplasmose
Les symptômes les plus couramment constatés sont une hyperthermie, une perte d’appétit, une perte d’état, des muqueuses tachées de rouge et une coloration foncée des urines. Certains chevaux développent aussi des formes chroniques très invalidantes de la maladie. Une analyse de sang permet de confirmer le diagnostic de la piroplasmose.
La piroplasmose n’est pas directement contagieuse entre chevaux, mais c’est la tique qui en est le vecteur en transmettant le microbe d’un animal à un autre par l’intermédiaire de sa morsure. Dans nos régions, de nombreux chevaux sont des porteurs sains de la piroplasmose. Les risques de développer une forme aigüe de la piroplasmose est en revanche à craindre chez les chevaux n’ayant jamais été infectés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des tests sérologiques négatifs à la piroplasmose sont exigés pour exporter des chevaux vers certains pays, comme les États-Unis, pays qui est à ce jour épargné par ce fléau.
2. Les traitements contre la piroplasmose ?
À ce jour, il n’existe pas de vaccin contre la piroplasmose. La prévention et un traitement rapide sont donc préconisés.
Au moindre doute, et surtout si vous constatez l’un des symptômes énoncés plus haut chez votre cheval, il est important de faire appel au plus vite à votre vétérinaire.
Lorsqu’un traitement est administré rapidement, le pronostic de guérison est très favorable. Généralement, la maladie est traitée par l’injection de substances permettant de détruire les agents pathogènes présents dans le sang du cheval. Le dosage est assez délicat, car le produit peut être toxique et provoquer des effets secondaires, notamment des coliques, chez certains sujets. À noter que le traitement s’accompagne également d’une mise au repos de plusieurs semaines.
B. La maladie de Lyme
La maladie de Lyme fait aussi partie des maladies, non-contagieuses, mais qui peuvent être transmises par les tiques. Elle peut toucher aussi bien les animaux que les humains. Elle est assez proche de la leptospirose.
1. Les symptômes de la maladie de Lyme
Les signes cliniques de la maladie sont moins typiques que la piroplasmose et peuvent varier d’un individu à l'autre. Chez les chevaux, on peut trouver des boiteries chroniques, des œdèmes, troubles neurologiques ou encore des affections oculaires telles que des uvéites chroniques.
La détection de la maladie passe par des analyses de sang et d’urine.
2. Les traitements contre la maladie de Lyme ?
La maladie est traitée par l’administration d’antibiotiques, là aussi associées à un suivi rigoureux en raison des effets secondaires des traitements. Le pronostic de guérison est généralement bon, mais si le cheval présente des troubles importants, les chances de retour à une activité sportive peuvent être compromis.
V. Comment éviter le parasitage des chevaux par les tiques ?
1- Eviter les lieux de vie des tiques

La première des précautions est d’éviter de laisser vos chevaux séjourner dans les zones propices à la présence des tiques. Nous l’avons évoqué plus haut : les herbes hautes, les sous-bois notamment les zones de fougères, les pâtures mal entretenues, les broussailles… Évitez également les contacts avec la faune sauvage, car de nombreux autres animaux sont porteurs de la maladie.
2- Utiliser des répulsifs
Les répulsifs permettent d’éloigner les tiques, mais leur efficacité est limitée dans le temps en raison de la transpiration du cheval qui dilue et élimine le produit dans la sueur. Il faut donc renouveler fréquemment l’application, notamment lorsque le cheval est amené à beaucoup transpirer. En revanche, si le cheval ne fournit pas d’efforts particuliers, certains répulsifs peuvent être relativement efficaces pendant plusieurs jours.
3- L'élimination mécanique des tiques

L’élimination mécanique des tiques reste une solution efficace, mais il faut inspecter très régulièrement votre cheval, notamment la crinière, car les tiques y sont souvent bien camouflées dans les crins. L’idéal étant bien sûr d’éliminer les tiques le plus tôt possible.
N’utilisez pas d’éther, de glace ou d’huile comme cela se pratique parfois. Sous l'effet de l'agression, la tique peut avoir le réflexe de régurgiter des substances contaminées dans le corps du cheval.
L’ablation d’une tique demande donc certaines précautions. Il faut surtout veiller à ce que le rostre ne reste pas planté dans la peau au risque de provoquer des infections. L’idéal est d’utiliser un tire-tique. Ce petit instrument est particulièrement efficace, car il permet d’éliminer l’ensemble de la tique, sans laisser la tête plantée dans la plaie.
Vous avez compris que la prévention reste la meilleure des solutions pour éviter la propagation des maladies transmises par les tiques : évitement des zones à risque, utilisation de répulsifs, inspection régulière de vos chevaux associée au retrait immédiat des tiques déjà fixées à l'aide d'un tire-tique.
Laissez un commentaire